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 De crêtes en Crète

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Nicole C
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Balance Localisation : Montréal, Québec, Canada
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MessageSujet: De crêtes en Crète   Jeu 3 Fév 2011 - 16:49

De crêtes en Crète
Amélie Daoust-Boisvert

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Photo : Amélie Daoust-Boisvert
Vue sur le village de Loutro.

Zeus y serait né et une des plus anciennes civilisations européennes, la minoenne, y a dominé la Méditerranée pendant des siècles. À cent lieues des îles plus populaires de Santarini ou de Mykonos, la grande île de Crète dévoile aujourd'hui un visage métissé, entre la culture grecque et les vestiges des occupations vénitienne et ottomane, ancré dans le roc des montagnes vertigineuses et des plages perdues de villages sans routes.

Grèce — Hania dort lorsque nous débarquons. Les murs colorés de ses ruelles étroites de Topanas sont baignés de la lumière du soleil oblique du matin. Les édifices vénitiens penchés l'un vers l'autre semblent susurrer des secrets sur ses habitants. La journée sera chaude.

Nous avons quitté Le Pirée la veille, port mythique à quelques kilomètres d'Athènes, la capitale grecque. «Je l'ai rencontré au Pirée. Je voulais prendre un bateau pour la Crète»: ainsi débute le périple du personnage principal de Zorba le Grec, le plus célèbre roman de l'enfant chéri de la littérature grecque, Nikos Kanzantzakis; ainsi débutera le nôtre. Comme dans le récit, Le Pirée grouille de voyageurs. Mais aujourd'hui, les grandes chaînes ont remplacé les cafés propices aux rencontres.

Nous laissons à Athènes presque tous nos effets personnels, trop encombrants. Sac à dos, maillot, gourde et vêtements que nous laverons et sécherons à mesure sous un soleil de plomb, voilà tout le nécessaire pour l'aventure crétoise. C'est la semelle de nos chaussures qui attaquera les pentes escarpées du sol le plus au sud de l'Europe.

Les oiseaux suivent doucement l'immense traversier qui abrite dans ses entrailles des dizaines de voiture et d'immenses camions de marchandises. Nous accostons à l'aube, les pointes abruptes des Lefka Ori, les montagnes blanches, émergeant d'une mer de Crète baignée de brouillard. Zeus serait né ici...

Pour apprécier Hania, il faut savoir lever les yeux et marcher loin du centre et de son air de décor de cinéma digne du Vieux-Québec. Au-dessus des restaurants du Vieux-Port — à éviter —, on découvre déjà des étages aux volets dépeints surmontés de terrasses. Nous cognons au café Mano: la propriétaire loue des chambres à bon prix. Comme toujours en Grèce, il faut demander à en voir d'autres car on vous montrera en premier la moins jolie, souvent pour le même prix. Pour la plage aussi, il faut savoir explorer: après les rangées ennuyantes de chaises longues louées à gros prix, on découvre une plage de sable fin occupée par quelques flâneurs, loin des touristes, un parasol rouillé abandonné là.

S'il faut voir une chose, c'est le coucher de soleil sur le vieux-port vénitien, vestige d'une des nombreuses occupations de l'île convoitée pendant des siècles par toutes les puissances de la Méditerranée. Phare vénitien et minarets se côtoient, témoignant des occupations contre lesquelles les Crétois se sont battus pendant des siècles, conservant leur culture envers et contre tous. Ce n'est qu'en 1913 que l'île rejoint officiellement la Grèce.

Nous mangeons à l'heure locale; arriver avant 10h dans les estiatòrio: la cuisine sera fermée, sauf si vous venez d'entrer dans un attrape-touristes. L'hospitalité crétoise opère devant nous son rituel, qui se répétera chaque soir du périple: une fois l'addition réglée, le propriétaire vient déposer devant nous melon, marmelade et le célèbre raki, ou tsikoudiá, un autre vestige turc.

Un alcool semblable à la grappa italienne dont il vaut mieux ne pas abuser: nous quittons la ville à pied, demain!

Notre autobus, prévu pour le premier tiers de la traversée vers le sud de l'île, part vers 7h avec quelques minutes d'avance sur son horaire, sans nous. Un taxi nous conduit à Omalos en serpentant dans les routes étroites et abruptes qui escaladent les montagnes parsemées de champs d'oliviers. Les plus impressionnantes gorges d'Europe nous attendent.

Celles de la Samaria sont les plus connues de toute une série de ravins, que les randonneurs plus expérimentés pourront également visiter: elles ne sont pas surveillées. Aménagées en parc national, les gorges de la Samaria sont certes payantes (cinq euros), mais des points d'eau jalonnent le parcours de 13 kilomètres.

Le randonneur aguerri y trouve son compte, avec une descente vertigineuse et la traversée d'une succession d'écosystèmes uniques. L'isolement a permis la différenciation d'espèces maintenant uniques à l'endroit, dont la chèvre crétoise, ou «kri-kri».

Après une succession de conifères le long du Xiloskala, un escalier interminable, un éden de feuillus et de fleurs incroyables nous accueille au pied de la rivière soufrée. À mi-chemin, le village de Samaria, dont les habitants ont été chassés dans les années 60 pour la création du parc. On dit qu'en juillet les gorges sont si populaires qu'on y avance à la file indienne. Fin juin, nous sommes tranquilles. Nous croisons des Crétois qui remontent en sens inverse vers Omalos, les mulets chargés de victuailles. Pour les villages au sud, la Samaria est le seul lien avec l'extérieur, hormis la mer.

Attention: danger. «Marcher rapidement», dit l'enseigne. Les sideroportes, les portes de fer, se dressent. Les murs de pierre parsemés de fossiles sont distants de 500 mètres, parfois moins. Sur une dizaine de kilomètres, on chuchote, mais impossible de se dépêcher: la lueur bleue des parois et les plantes aux allures extraterrestres nous ralentissent.

Une traversée d'un écosystème unique et étrange qui s'ouvre sur la mer Méditerranée, que l'odeur salée annonçait.

En Crète, l'abandon est palpable. Les exodes ont jalonné le XXe siècle. À la sortie du parc, il faut compter encore trois kilomètres pour atteindre le village le plus proche, Agia Roumeli, et traverser d'abord un patelin de maisons de pierres abandonnées — l'ancien Agia Roumeli — où broutent des chèvres nonchalantes: même le bouc ne prête aucune attention aux intrus qui sillonnent la ville fantôme.

Agia Roumeli, 100 habitants, aucune route ni guichet automatique, deux départs par jour d'un ferry blanc et bleu — que nous manquons, bien sûr. Mieux vaut prévoir y dormir. La plage de galets, le calme total et les chambres d'auberge à 20 euros séduisent.

On peut gagner Loutro, le prochain village, à pied — partir tôt pour éviter le soleil du midi car les arbres se font rares sur le sentier — ou par le ferry du matin. Le village isolé apparaît, blanc comme dans un songe et sculpté au roc même de la petite baie. Ni route, ni voiture, ni même de rues: la définition même d'un havre de paix. La plage voisine de Phoenix, de l'autre côté de l'escarpement qui forme Loutro, est un gage de tranquillité et de repos.

Nous joignons Skafia Station en ferry sans nous y arrêter. Un long parcours en autobus nous mène au nord, à Héraklion. D'un intérêt limité, la ville jouit d'une vie nocturne animée, avec les jeunes Crétois des campagnes prêts à parcourir des distances importantes en car pour s'y divertir. Elle abrite tout de même ce que les Grecs estiment être le plus beau musée archéologique du pays, avec ses pièces datant de l'époque minoenne, la première civilisation d'Europe. Fermé lors de notre passage, et ce, depuis 2006, personne ne connaît la date exacte de sa réouverture. Les objets les plus célèbres sont exposés dans une salle temporaire. On peut aussi se rendre à l'un des plus vieux sites archéologiques de Grèce, Knossos, haut lieu de la civilisation minoenne des XVIIe au XIIe siècle av. J.-C.

Du grand port d'Héraklion, hautement surveillé pour contrer l'immigration illégale en provenance de l'Afrique, nous gagnons Santarini, puis Mykonos. Mais notre coeur reste en Crète, perdu dans les gorges de la Samaria.


En vrac

- Mieux vaut prendre le traversier de nuit du Pirée à Hania. Les huit heures du trajet vous feront économiser avec leurs tarifs individuels de 80 euros pour une cabine. Les trajets rapides, offerts dans des navettes dignes d'un avion, sans accès extérieur, coûtent le double. On peut également voyager sur le pont du traversier pour une trentaine d'euros et passer la nuit à la belle étoile. Romantique, mais frisquet. Prévoir eau et nourriture, vendus à prix d'or aux voyageurs captifs.

- Les villes crétoises ne porteront souvent pas le même patronyme que celles que vous cherchez, en plus d'être identifiées dans l'alphabet grec hermétique au néophyte. Hania devient tour à tour Xania et Chania, par exemple.

- Les Crétois parlent parfois l'anglais et encore plus rarement le français, mais leur accueil, le plus chaleureux du pays, vous fera oublier les barrières linguistiques.

- Avant de se lancer dans la Samaria, prévoir de l'argent comptant (le prochain guichet automatique est à quelques jours...), des souliers de randonnée, un chapeau et de la crème solaire 50, une gourde et un goûter consistant.

- La Crète produit un ouzo célèbre, alcool fort anisé qu'il vaut mieux acheter dans les épiceries que dans les boutiques touristiques. Idem pour le raki et les délicieux loukoums (vestige de l'occupation ottomane). Manger en Crète coûte aussi peu cher que dormir, si on sait trouver l'épicerie et les restaurants que les «locaux» fréquentent.

Source: Ledevoir.com

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Nicole
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